| Reporterre est en direct de la Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice, du 9 au 13 juin. |
Nice (Alpes-Maritimes), envoyée spéciale
La « Baleine », la zone ouverte au public de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), compte son petit lot de bizarreries : Mary, un « avatar boosté à l’intelligence artificielle » capable de dialoguer avec les visiteurs — disons-le, pas toujours de manière très fluide — au sujet de l’état de l’océan ; des casques de réalité virtuelle censés plonger adultes et enfants dans l’océan… Mais ce qui frappe surtout, dans un sommet dédié à la protection du milieu marin, c’est le stand d’un de ses principaux sponsors : l’armateur français CMA CGM.
Bien en vue au milieu des installations sur la cryosphère, les sargasses et l’exploration des abysses, l’installation étonne. Le géant mondial du transport maritime — secteur responsable de 3 % des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que l’aviation — y explique, en grosses lettres blanches sur fond vert, qu’il « agit pour la planète ». Comment ? En recourant, notamment, au gaz naturel liquéfié (GNL).
Une réplique miniature d’un porte-conteneurs « LNG powered » (propulsé au GNL) a même été installée, sous un gigantesque panneau clamant « We imagine better ways » (« Nous imaginons de meilleures façons de faire »). Histoire de bien enfoncer le clou, figure aussi une photo d’un immense cargo rutilant — lui aussi « LNG powered » — filant sur l’azur.
Un gaz extrait des profondeurs de la Terre
Quel est donc ce carburant fantastique, qui permettra selon CMA CGM « d’atteindre la neutralité carbone » d’ici à 2050 ? Il ne faut pas se laisser berner par l’adjectif « naturel ». Le GNL est un gaz d’origine fossile, similaire, en termes de composition, à celui que…
Auteur: Hortense Chauvin

