La direction artistique des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, et la production culturelle qui les entoure, ont continué à déployer, avec la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques, un art engagé, puissant véhicule d’un message social et politique d’inclusion des personnes en situation de handicap. Loin de proposer une beauté kantienne contemplative, la cérémonie a été servie par « des œuvres d’art qui ont du sens » suivant l’expression de son directeur artistique et chorégraphe, Alexander Ekmam, un art engagé et presque militant avec des tableaux « coups de poing » et poétiques en même temps, célébrant et normalisant tous les corps.
Le spectacle d’une utopie transmoderne
Si les Jeux paralympiques existent depuis Rome 1960, considérés comme les premiers de l’histoire, c’est Londres 2012 qui va les imposer comme une production culturelle politique, un spectacle contemporain et médiatique, une « charge positive » puissante visant à rendre hyper visible le handicap, en cassant les barrières sociales et les stéréotypes négatifs régressifs qu’il suscite. Dans un contexte où il était sous-représenté et problématique dans une culture médiatique commerciale normée, l’importante couverture médiatique des paralympiques de Londres, avec 16h de diffusion par jour sur Channel 4 détentrice des droits et 3,8 milliards d’audience cumulée à l’arrivée, va leur donner une nouvelle et puissante aura.
La cérémonie d’ouverture de Paris 2024 s’inscrit dans ce cadre d’un méga-événement engagé et médiatique. La direction artistique de haut vol, la chorégraphie, la scénographie, la musique, les lumières, les costumes ont proposé un spectacle très contemporain. Par exemple, la présence de l’électro (Chilly Gonzalez, Mr Oizo, Myd et Sébastien Tellier), qui se retrouvera encore davantage à la clôture, a contribué à cette atmosphère actuelle, presque avant-gardiste.
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Auteur: Anne Gombault, Professeure de stratégie et comportement des organisations, directrice de Kedge Arts School, Kedge Business School

