Analyse et perspectives de lutte, soirée le 6 juin à Nantes
En Palestine, depuis la Nakba de 1948, la violence coloniale ne s’est jamais interrompue : elle se reconfigure, s’intensifie et se déploie simultanément sur les corps, les terres et les imaginaires. De Gaza, ravagée par un génocide depuis près de trois ans, à la Cisjordanie où la colonisation s’accélère, les populations civiles en sont les premières victimes, prises dans un système de domination qui traverse tous les aspects de la vie. L’effacement culturel, loin d’être secondaire, en constitue l’un des ressorts essentiels, il s’inscrit dans la doctrine «Une terre sans peuple pour un peuple sans terre», qui vise à nier l’existence même du peuple Palestinien et, ce faisant, sa légitimité.
Ainsi, faire vivre et résonner l’art, l’Histoire et les traditions palestiniennes devient un acte de résistance, en Palestine comme ailleurs, notamment en France. Dans cet article nous analyserons ce continuum colonial – de la dépossession des terres à la bataille des récits – tout en mettant en lumière des initiatives qui participent à la valorisation de la culture palestinienne, de « Beitna – la maison de la Palestine » à Paris au festival Palestine «Culture, Arts, Luttes», qui se tiendra à Nantes le 6 juin pour la troisième année consécutive.
Le processus d’invisibilisation de la culture palestinienne
Le projet colonial s’inscrit toujours dans une double dynamique : la démarche spatiale – par la dépopulation du territoire – et le processus d’invisibilisation des marqueurs artistiques et historiques qui lient un peuple. Car plus l’identité de la communauté colonisée est fragmentée, appropriée ou diluée par la puissance dominante, plus la perspective de son retour – politique, territorial et symbolique – devient difficilement envisageable.
Ainsi les traditions, l’histoire et les emblèmes de la…
Auteur: B

