Il est aujourd’hui l’un des plasticiens les plus connus, et reste la référence de la jeune génération des « artistes de rues ». Un artiste aujourd’hui adulé mais qui a eu des difficultés à s’imposer. Au début de sa carrière, celui qui revendique n’avoir que « peu fréquenté le milieu de l’art » rapporte avec malice la réponse des tenants des institutions culturelles lorsqu’il présente pour la première fois ses œuvres : « tes dessins réalistes c’est vieux ! » avant d’ajouter « mais mes œuvres ce ne sont pas mes dessins (…) ma singularité c’était une réflexion sur le rapport au temps, à l’histoire, (…) Mon travail c’est de saisir la réalité d’un lieu, dans toute sa complexité et glisser un élément de fiction qui vient perturber ou révéler cette réalité », explique-t-il.
Ernest Pignon-Ernest est un artiste de l’intuition. Né à Nice, d’un père ouvrier en abattoir et d’une mère coiffeuse, il grandit dans une famille « passionnée de foot », où rien ne le prédestinait à l’art. « Comme un don », le dessin lui vient dès l’enfance. Autodidacte, « jamais étudiant, ni professeur », il élabore très tôt sa propre technique de création, à coup de colle, de papier journal et de dessin réaliste.
L’une de ses premières actions de rue est de dénoncer la menace nucléaire. En 1966, il colle un peu partout dans le Vaucluse « les empreintes d’Hiroshima », œuvre…
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Auteur: Public Sénat

