L'artiste, cet objet obscur inexistant

• À mesure de son éducation à l’état et aux états de marchés, l’obligeant à une surproduction d’expression, l’artiste est, avant toute forme d’art, un étier transactionnel.

• Son devenir est d’être continûment l’agent convoyeur et passif de politiques culturelles dont les commandes sont, par lui, prises en charge. Avec ou sans son consentement.


• Les politiques culturelles, servant à instiller des dynamiques de gouvernance à l’intérieur même du processus créatif – c’est-à-dire acclimater la création aux considérations gouvernementales – répondent à des cahiers des charges dont l’état est, lui même, le convoyeur : transporter et livrer la marchandise esthétique, théorique et stratégique d’une entité supraétatique qui tient à demeurer seule agissante (en sa forme optimale) sinon coactive (en ses compositions).

• Le rôle stratégique de l’artiste, dans les agencements de la petite ou grande industrie du marché, est d’abstraire des commandes politiques que les pouvoirs massifs (le capital) passent auprès de l’art via le canal étatique et sa capacité légale.

• L’annexion de l’artiste et du processus artistique, par la bourgeoisie technico-capitaliste, réside dans le fait d’obtenir de lui son adhésion éthique. C’est-à-dire dénaturer, en lui, ce qui restait de processus créatif incontrôlé et de dynamique réflexive, en les transmuant en processus de commande d’opinion sur tel ou tel objet (physique ou théorique).

• L’objet produit, puis transporté localement par l’état, puis légitimé par la bourgeoisie technico-capitaliste est enfin manufacturé par l’artiste. Tout ceci se fait de manière impersonnelle.

• Au fur et à mesure que l’artiste répond aux commandes de l’état et des politiques gouvernementales et culturelles, il automatise ses connexions avec les logiques du marché, jusqu’à…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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