L’assassinat des sœurs Mirabal : aux origines de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes

En août 1930, Rafael Leonidas Trujillo arrive au pouvoir en République dominicaine au terme d’une campagne présidentielle marquée par de nombreuses violences. Un système reposant sur la terreur et la corruption se met rapidement en place. Au cours des trois décennies suivantes (Trujillo sera assassiné en 1961), les crimes contre l’humanité se multiplient.

Dans les dernières années de la dictature, l’opposition se structure et se renforce : parmi les résistants, les trois sœurs Patria, María Teresa et Minerva Mirabal. Cette dernière est en 1959, avec son époux Manolo Tavárez, à l’origine de la création du mouvement révolutionnaire dit « 14 juin » ; elle avait en outre, dix ans plus tôt, tenu tête publiquement à Trujillo.

Le 25 novembre 1960, alors qu’elles allaient rendre visite à leurs maris emprisonnés pour des raisons politiques, les trois sœurs sont assassinées par des agents trujillistes.

Malgré le statut d’héroïnes nationales qui est aujourd’hui celui des sœurs Mirabal, peu d’études ont été réalisées à leur sujet. Or leur importance historique et leur dimension symbolique internationale sont indéniables : le jour de leur mort, le 25 novembre, a été choisi en 1999 par l’Organisation des Nations unies comme date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Contexte politique et familial

Trujillo, né en 1891, connaît une ascension fulgurante dans le contexte de l’occupation militaire de l’île par les États-Unis (1916-1924). Durant cette période, il intègre la Guardia Nacional, destinée à former des militaires dominicains acquis aux intérêts étatsuniens. Il en gravit rapidement les échelons. Il est promu chef de l’état-major de la police nationale en 1924. Décidé à remporter les élections de 1930, sa campagne présidentielle se caractérise par une intimidation de ses adversaires politiques qui lui permet d’être…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Catherine Pélage, Professeure de littératures et cultures d’Amérique latine, Directrice de la Chaire d’études culturelles dominicaines Sœurs Mirabal, Université d’Orléans

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com