L’attaque contre le Venezuela révèle un empire affaibli et dangereux

L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro est un acte brutal d’agression trumpienne. Mais il illustre aussi la faiblesse du leadership étatsunien, alors que Washington cherche à verrouiller son contrôle sur l’hémisphère occidental. Donald Trump s’est longtemps présenté comme un président opposé aux guerres. Pourtant, à mesure que les États-Unis réaffirment leur domination sur leur « arrière-cour », leur gouvernement assume une politique toujours plus ouvertement impérialiste.

***

Au cœur d’une nuit d’hiver, des forces aéroportées étatsuniennes hurlent au-dessus des eaux des Caraïbes. Des avions bombardent des infrastructures clés, tandis que des hélicoptères d’attaque lâchent des commandos sur des cibles au sol. Au milieu de ce spectacle « de choc et d’effroi », un président est enlevé et inculpé pour trafic de drogue. Il s’agit d’un cas d’école révélant la manière dont une administration républicaine ambitieuse entend gérer une époque de bouleversements sismiques.

Nous sommes le 20 décembre 1989 : l’opération en question est le renversement du dictateur panaméen Manuel Noriega, ancien atout de la CIA. Mais le parallèle avec l’enlèvement, par Donald Trump, du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse est frappant. Il révèle tout ce qui a changé — et tout ce qui est resté identique — au cours des trois décennies séparant ces deux actes d’agression. Le premier s’inscrivait à l’aube d’un nouvel âge d’hyperpuissance étatsunienne. Le second est le symptôme du déclin chaotique et violent de cet âge.

Deux enlèvements

La destitution de Noriega par George H. W. Bush a marqué l’entrée dans une nouvelle ère de façonnage du monde par les États-Unis, à l’issue de la guerre froide. En l’espace d’à peine dix-huit mois après l’invasion du Panama (1989), les États-Unis déchaînaient la première guerre du…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com