Période de Noël, des cadeaux, du retour à la maison pour certains, de la visite aux proches outre-Atlantique pour d’autres. Comment imaginer que les 259 passagers et membres de l’équipage du vol Pan Am 103, ce 21 décembre 1988, allaient périr lors de l’explosion du Boeing 747 à bord duquel ils avaient embarqué ? Le drame se produisit au-dessus de la petite ville écossaise de Lockerbie, ajoutant onze habitants aux victimes.
En six épisodes, une mini-série britannique de Jonathan Lee est à découvrir sur Netflix : sans crainte de confronter le spectateur à une multitude de détails – qui, en réalité, n’en sont pas –, le récit suit scrupuleusement la longue enquête réunissant les services du Royaume-Uni et des États-Unis. Une collaboration aux débuts laborieux, entre rétention d’informations et prise de conscience de l’impérative mise en commun des moyens et des intelligences. Heureusement, la volonté des hommes pallie l’inertie des institutions jalouses de leurs prérogatives.
Professionnalisme et humanité
Centrée de manière quasi-documentaire sur l’enquête qui s’ensuivit, la fiction bénéficie d’une interprétation remarquable. Ainsi, le très raide Dick Marquise, incarné avec toute la morgue nécessaire par Patrick J. Adams, assouplit sa ligne de loyal soldat du FBI au contact de son alter ego écossais, l’inspecteur Ed McCusker. Connor Swindells nourrit de son jeu pudique mais vibrant d’humanité ce très beau personnage, dont le professionnalisme irréprochable laisse cependant affleurer une profonde empathie pour les victimes et leurs familles. Et que de tendresse sans affectation ni recherche de reconnaissance parmi les bénévoles de Lockerbie qui se mettent spontanément au service de ceux qui en ont besoin, sur place et au-delà des mers.
Alertant sur les ramifications du terrorisme international, le danger de trouver trop vite des coupables tout désignés…
Auteur: Emmanuelle Giuliani
