Bientôt plus d’une centaine de tonnes de rebuts radioactifs supplémentaires d’un coup en France ? Dans un avis publié le 16 septembre, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection juge « indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifié dès à présent en déchet radioactif ». Le stock de cette matière atteignait 352 000 tonnes fin 2024 et continue de progresser d’environ 10 000 tonnes par an, selon l’inventaire de l’Andra.
L’uranium appauvri est aujourd’hui considéré comme une matière radioactive car la filière promet de le réutiliser pour fabriquer du combustible nucléaire : mélangé à du plutonium, il permet de fabriquer du MOX pour alimenter certains réacteurs. Mais l’ASNR juge que ces perspectives de réutilisation ne permettent pas d’absorber de telles quantités.
En 2020 déjà, l’ancienne Autorité de sûreté nucléaire estimait que la consommation de l’ensemble du stock était « irréaliste […] à l’échelle du siècle ».
Cette requalification aurait des conséquences concrètes : une fois reclassé comme déchet, l’uranium devra être stocké en conséquence. L’ASNR recommande d’ailleurs à l’Andra de lancer dès maintenant les études nécessaires à ce stockage, sur les volumes et les caractéristiques des déchets à traiter et les installations capables de les accueillir.
Une gageure, au regard de l’opposition que suscitent de tels stockages, comme en témoignent les luttes contre le centre d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo en Meuse et contre les piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés à La Hague dans la Manche.
Ce changement de statut n’est pas encore fait….
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