Ils devaient équiper les lave-linge à compter du 1er janvier. Mais les filtres à microplastiques ne seront pas intégrés à tous les appareils neufs, contrairement à ce que prévoyait la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec), promulguée en février 2020. Le décret et l’arrêté nécessaires à la mise en œuvre de cette disposition ne sont toujours pas publiés à moins de deux semaines de l’échéance, dans un contexte de flottement gouvernemental.
« Les fabricants sont toujours dans l’attente de précisions des pouvoirs publics concernant les textes réglementaires et les prochaines étapes, nous indique le Groupement des marques d’appareils pour la maison (Gifam). Nous n’avons pas plus d’information à date. Nous vous recommandons de prendre contact avec le ministère de la Transition écologique. » Ledit ministère n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.
Les vêtements issus à plus de 60 % de la pétrochimie
Polyester, acrylique, élasthanne, nylon, viscose… Nos vêtements sont issus à plus de 60 % de la pétrochimie. En imposant des filtres sur les lave-linge, l’objectif est de réduire la pollution liée à la dégradation de ces fibres synthétiques lors du lavage. Selon une étude publiée en 2019 par des chercheurs espagnols, chaque mètre carré d’étoffe synthétique rejetterait de 30 000 à 465 000 microfibres lors des cinq premiers lavages.
Or, ces microplastiques s’accumulent dans l’eau, l’air, le sol, mais aussi dans le corps humain. Outre les dommages causés aux écosystèmes, les scientifiques alertent sur des corrélations inquiétantes entre leur présence et l’altération de certains organes (poumon, intestins, cerveau…), voire l’apparition de maladies.
Reporterre avait publié, en novembre 2022, un premier article sur les filtres obligatoires et les difficultés rencontrées par les industriels. Deux ans plus…
Auteur: Fabienne Loiseau

