Au cœur d’une crise sans précédent, la jeunesse haïtienne refuse de sombrer. Entre mobilisations citoyennes et résistance quotidienne, elle s’organise pour reprendre en main son avenir et rêver d’un État démocratique.
La jeunesse haïtienne se trouve à un moment décisif. Haïti traverse depuis plusieurs années une crise sociopolitique marquée par l’assassinat du président Jovenel Moise en juillet 2021, l’absence d’élections, des pouvoirs inconstitutionnels, et la violence croissante des gangs armés.
Cette violence a occasionné 5626 décès et d’innombrables blessures en 2024, particulièrement à Port-au-Prince, où près de 85 % du territoire est contrôlé par ces groupes armés. Fin avril, les Nations unies estimaient qu’Haïti s’approchait du « point de non-retour » devant la nouvelle escalade des attaques des gangs armées.
Malgré cette crise persistante, la jeunesse haïtienne, délaissée par la gouvernance, se mobilise au sein du milieu associatif pour insuffler un changement et donner espoir aux générations futures. Elle affronte diverses inégalités, la fragmentation de son tissu associatif, la violence des gangs et la précarité économique.
Doctorant en sciences de l’administration à l’Université du Québec à Montréal, je m’intéresse aux politiques migratoires et raciales, au travail migrant temporaire, et aux précarités socioéconomiques et juridiques. J’ai mené une recherche auprès des chercheurs et chercheuses en Haïti et au Canada, et auprès de jeunes haïtiens.
Cartographie d’une jeunesse qui agit
En Haïti, la jeunesse — souvent définie entre 15 et 34 ans, représentant près de 49 % de la population — est hétérogène et profondément marquée par les inégalités : selon le lieu de résidence, l’accès à l’éducation, à l’emploi ou aux services de base. À cela s’ajoutent des rapports de pouvoir inégaux entre femmes et hommes, qui creusent encore…
Auteur: Job Pierre Louis, Étudiant au doctorat en management, Université du Québec à Montréal (UQAM)

