L’avenir s’écrit-il au Sud ?



L’Heure du Sud. Ou l’invention d’un nouvel ordre mondial, Bertrand Badie et Dominique Vidal (dir.), Les Liens qui libèrent, 304 pages, 22 euros

Le « Sud global » est une appellation inventée à la toute fin des années 1960 par un chercheur en relations internationales états-unien et ancien leader étudiant contre la guerre du Vietnam, Carl Oglesby. Il annonçait par ce terme la fin de la domination hégémonique du Vieux Monde sur un Sud désigné alors comme le « tiers-monde », prévoyant ainsi une « globalisation en marche ». On peut n’être que surpris par la précocité de la création du concept, largement utilisé de nos jours et repris par tout analyste des relations internationales à la surface de notre planète.


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Professeur émérite à Sciences Po-Paris en relations internationales, Bertrand Badie propose une analyse historique et géopolitique de la place toujours plus importante de ce Sud global né du refus de toute sujétion future après des décennies, sinon plus, de domination coloniale occidentale ; celle d’un vieux monde qui n’a pas perçu – ou a refusé d’admettre – sa perte d’influence diplomatique, économique et culturelle advenue après la Seconde Guerre mondiale.

Cette entité prend naissance avec la grande conférence de Bandung, dite « des pays non alignés », en avril 1955. Nombre des dirigeants de pays qu’on appelait le « tiers-monde » se réunissent dans cette cité d’Indonésie et y affirment leur refus d’un alignement sur l’Est ou sur l’Ouest – dans ce…

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Auteur: Olivier Doubre

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