Bourget (Seine-Saint-Denis), reportage
Au milieu du ballet d’avions en tous genres qui tournoient dans le ciel bleu du Bourget, offrant un vacarme à percer les tympans et un étalage sans retenue de surpuissance, quelques bolides discrets se sont fait une place. À l’occasion de l’édition 2025 du Salon international de l’aéronautique et de l’espace qui se tient dans une commune de la banlieue nord de Paris jusqu’à la fin de la semaine, on aperçoit des petits avions biplaces conçus pour la voltige ou les promenades dans le ciel, un planeur avec moteur… 100 % électriques.
Est-ce enfin l’apparition de l’« innovation de rupture » promise de longue date par les entreprises du secteur pour décarboner l’aérien ? Il y a urgence, car il représentait environ 25 % du poids climatique des transports français en 2023, selon les calculs des ONG intégrant les effets des traînées de condensation. Et c’est l’un des seuls secteurs dont l’objectif d’émission de gaz à effet de serre est en hausse d’ici à 2030, à cause des prévisions de trafic en croissance continue.
Les innovations réalisées ces dernières années ont certes permis d’embarquer des batteries à bord de ces petits avions, surtout destinés au marché des écoles de pilotage ou de l’aviation de loisir. Elles offrent une autonomie d’une heure à une heure trente, sans kérosène, avec des recharges de trente minutes à une heure, selon les modèles et les sources qui communiquent.
L’entreprise Aura Aero a réalisé le 16 juin le « premier vol public » de son avion de voltige de plus d’une tonne (catégorie « CS-23 »), l’Integral E, un modèle « zéro émission » de deux places qu’il espère faire certifier en 2026.
Mais ces nouveaux venus dans le paysage aéronautique ne pèsent presque rien vue l’ampleur du problème. D’autant que l’urgence de décarboner est clairement reléguée à l’arrière-plan de…
Auteur: Erwan Manac’h

