L’avortement est la première préoccupation des Américaines de moins de 45 ans, devant l’économie. L’enjeu aura un rôle majeur dans le scrutin de novembre.
« Elle veut des avortements au 8e et au 9e mois de grossesse, ça lui convient ; jusqu’à la naissance et même après la naissance, l’exécution d’un bébé ! » : c’est en ces termes que Donald Trump a présenté la politique de Kamala Harris sur l’avortement, en juillet 2024. Il venait alors de nommer le très conservateur J. D. Vance comme colistier.
Ces aberrations constituent une nouvelle tentative du camp républicain de galvaniser l’électorat religieux : évangéliques, catholiques post-libéraux, juifs orthodoxes, musulmans ou hindous conservateurs. Une tactique qui répond à l’importance donnée à l’avortement dans la campagne depuis le retrait de Joe Biden.
L’indécision de Donald Trump
Présent dans la sphère publique américaine depuis des décennies, Donald Trump a exprimé, au fil des années, des opinions discordantes au sujet de l’IVG.
Avant d’entrer en politique, alors qu’il était un électeur inscrit au Parti démocrate, il se présentait comme « pro-choix », c’est-à-dire favorable au droit à l’avortement. C’est lorsqu’il s’est rapproché du Parti républicain en vue de la présidentielle de 2016 qu’il s’est conformé au positionnement « pro-vie ». Un revirement logique si l’on considère que l’opposition au droit à l’avortement fédère le camp républicain depuis sa protection constitutionnelle en 1973.
Lors de la campagne de 2016, face à Hillary Clinton, il avait radicalisé son propos en présentant comme « inacceptable » de pouvoir « arracher le bébé de l’utérus jusqu’au jour de la naissance ». Il faisait référence aux 1 % d’avortements tardifs, pratiqués après la 21e semaine dans ces circonstances médicales graves (mise en danger de la vie de la mère ou malformations…
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Auteur: Elisa Chelle, Professeure des universités en science politique, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

