Fanny Gallot analyse dans cet entretien certaines dimensions des mobilisations de la séquence de lutte qui a commencé le 10 septembre du point de vue des enjeux de genre et de reproduction sociale, qui apparait aujourd’hui en crise. Elle invite à « désandrocentrer » le travail pour appréhender la diversité du secteur reproductif et poser véritablement la question de la généralisation de la grève, en intégrant l’ensemble de la classe travailleuse.
Fanny Gallot et historienne et co-directrice de publication de Contretemps. Cet entretien a été initialement publié dans Politis, que nous remercions d’avoir autorisé sa reprise ici.
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Le mot d’ordre, « Bloquons tout », est-il situé en termes de genre ? Vu l’inégalité de la répartition du travail gratuit, et l’écart de salaire entre hommes et femmes, bloquer un mercredi renvoie-t-il à la même réalité ?
Fanny Gallot – Non, pas du tout, le mercredi est typiquement un jour où la gestion des enfants retombe sur les mères. Les mobilisations le mercredi, c’est très rare. Habituellement, les syndicats l’organisent le mardi ou le jeudi et les gilets jaunes, c’était les samedis. Hier, me concernant, j’ai dû garder six enfants, justement pour permettre à des proches de se mobiliser. Mais c’est le début de la mobilisation, les gardes collectives et alternatives ne se sont pas encore totalement mises en place, comme il en existait dans des luttes antérieures – notamment celles contre le choc des savoirs en Seine-Saint-Denis, où j’habite. Cette différence faite, il ne faut pas nier la mobilisation des femmes pour autant. Elles étaient aussi présentes hier.
Que pensez-vous de ce mot d’ordre ?
Fanny Gallot – Il traduit un renouvellement des contestations. Il ne s’agit plus seulement de manifester et/ou de faire grève. Ce sont d’autres modalités d’action qui sont investis. Au début de « Bloquons tout », durant l’été, il…
Auteur: redaction

