Nous publions ici l’intervention du chercheur Yazid Ben Hounet dans le cadre du colloque : « De la Nakba à al-Ibāda : réfléchir et agir face à la destruction continue de la Palestine » qui se tenait le 17 octobre 2025 à l’Institut des Civilisations du Collège de France.
Or, ce qu’il convient de mettre en évidence en ce sixième anniversaire, ce sont les constantes d’une entreprise militaire de destruction et d’une doctrine politique de déshumanisation, portées tout ensemble par les faits et les principes, et qui, en l’espace de 130 ans, ont marqué, d’une façon presque analogue, deux guerres coloniales dirigées contre le peuple algérien » (Lacheraf, 1965 : 203).
Les disponibilités des uns et des autres, ainsi que celle de la salle, ont concouru à ce que cette rencontre, fruit d’une volonté et d’un travail collectifs, ait lieu un 17 octobre.
Il nous a paru important d’évoquer cette triste date anniversaire pour rappeler au préalable d’où nous parlons, lorsque nous parlons de la Palestine.
Le 17 octobre 1961 est en effet le plus grand massacre d’Etat de la cinquième république française, la répression d’État la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine (House & MacMaster, 2006). Mais il est également, et paradoxalement, l’un des massacres qui a été le plus invisibilisé, dissimulé, notamment par la presse (Gaiti 1994 ; Kupferstein 2001 ; Maillot 2001).
Il aura fallu près de 40 ans, à l’occasion du procès de Maurice Papon, pour que le sujet commence à être vraiment abordé publiquement – et ce grâce au travail et à l’engagement de l’historien Jean-Luc Einaudi (2001). Ce massacre demeure néanmoins, encore aujourd’hui, reconnu seulement à mi-mot par les autorités françaises.
Entre 200 et 300 Algériens périrent lors de cette répression sauvage menée sous les ordres de Maurice Papon, et…
Auteur: dev

