Le 19 octobre 2026, depuis le quartier d'isolement de Fleury-Mérogis

Le 1er octobre dernier, l’écrivain, voyageur et étudiant Ritchy Thibault a été interpelé en pleine rue pour avoir invité une foule de lycéens à mettre le feu à l’Élysée. Pour ces quelques paroles, il a été incarcéré dans l’attente d’un procès qui se tiendra le 9 décembre. Depuis le quartier d’isolement de la prison de Fleury-Mérogis, il nous a transmis ces quelques impressions quant à cette journée du 17 octobre à laquelle juges et ministres ne voulaient vraiment pas qu’ils participent.

Quand ceux qui sont relégués dans les marges assiègent les centres

Dans la nuit du 17 au 18 alors que j’entamais mon quatrième jour de grève de la faim pour protester contre mon placement au quartier disciplinaire (mitard), un médecin a ordonné à l’administration pénitentiaire de m’en extraire au vu de mon état de santé qu’il jugeait préoccupant. J’ai donc partiellement eu gain de cause, car la direction ne m’a pas reconduit en détention « ordinaire », mais dans une aile d’isolement. J’ajoute que je dois passer devant un conseil de discipline (le fameux prétoire [juge et geôlier dans le même temps]) cet après-midi même. Tout ça pour vous dire que j’ai pu accéder à des informations sur la mobilisation de samedi dernier et son prolongement hier – avec, je précise, le philtre déformant de la presse bourgeoise aux ordres. Je vais donc brièvement vous donner mon sentiment sur cette journée dont j’aurai tellement voulu être.

Des cibles identifiées avec brio

Il ne faut pas perdre son temps à défiler et parader loin de tous les espaces de pouvoir. Il faut au contraire aller dans le viseur des institutions stratégiques. Il faut aller là où ça dérange. Il faut qu’ils tremblent. Si après l’attaque d’une cible vous les voyez s’indigner outrancièrement c’est que l’opération est une réussite.
Le 17 octobre j’ai ouï dire qu’un des premiers objectifs fut de prendre…

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Auteur: dev