Les chaussettes rouges : rébellion et bonne humeur
Trop, c’est trop. Les Islandaises faisaient tourner le pays au même titre que les hommes, elles le savaient. Mais elles n’avaient pas la même rémunération que les hommes occupant l’exact même poste.
Elles étaient également exclues des postes de décision. Par exemple, les conseils d’agriculture n’étaient pas accessibles aux femmes à moins qu’elles ne soient veuves. Et seuls 5% des députés étaient des femmes.
Alors, un groupe de femmes bien décidées à faire changer les choses, « les chaussettes rouges », déferle sur la radio publique nationale pour parler règles, avortement, vie sexuelle, égalité des salaires.
« Les femmes ne se voyaient pas comme des travailleurs ; elles se voyaient comme des femmes au foyer. Lorsque le travail venait à manquer, on les renvoyait chez elles sans salaire et sans qu’elles disent un mot. Nous voulions montrer à quel point la contribution des femmes à la société était importante », raconte Guðrún Hallgrímsdóttir, ancienne membre du parlement et l’une des premières membres des Redstockings, à National Geographic.
© RiseandShine Cinema
Elles font des coups d’éclat comme annuler un concours de beauté, et dénoncer la charge domestique qui épuise les femmes chaque Noël en « crucifiant » sur un sapin une gigantesque poupée de chiffon.
Plus elles montent en puissance, plus elles se font des ennemis. La presse les traite de trolls « aux ventres remplis d’enfants de pierre, dangereuses, laides et couvertes de poils ».
Mais au lieu de se décourager, elles en rigolent, deviennent de plus en plus nombreuses et lancent une idée puissante : une grève générale de 24h toutes les islandaises ! Pour rallier les conservatrices à leur cause, cette journée sera plus sobrement intitulée « Journée libre » des islandaises.
Une grève historique
Et ça marche ! Le jour J, 90 % des femmes se sont mises en…
Auteur: Laurie Debove
