Le 7 octobre : la double falsification de l’histoire

Voilà un an tout juste, le monde était frappé de sidération devant la soudaineté et la violence de l’attaque terroriste du Hamas en bordure de la bande de Gaza. Quelque 1 200 personnes, pour la plupart israéliennes, ont été tuées, et 222 ont été prises en otage, posant à Israël un problème moral qui en d’autres temps eut été résolu différemment. Mais, cette fois, l’extrême droite au pouvoir a choisi sans états d’âme de sacrifier les otages pour mener à bien une campagne de répression massive dans l’étroit territoire densément peuplé de 2,2 millions de Palestiniens.

Sans contester l’horreur de ce crime, la réalité des viols et les actes de cruauté qui ont été commis, il nous faut interroger le récit qui s’est imposé de façon écrasante dans l’espace public dès le lendemain du 7 octobre, et qui repose sur une double falsification de l’histoire : il n’y aurait pas d’« avant », et l’« après » n’aurait été que légitime défense d’un État menacé dans son existence même par deux fléaux universels, le terrorisme et l’antisémitisme. L’attaque du Hamas serait donc sans cause politique ou sociale, et l’offensive conduite par l’armée israélienne n’aurait, avec de telles justifications, à connaître aucune limite, et n’aurait de comptes à rendre ni aux instances du droit international ni à la presse.


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D’où un black-out quasi total et une interdiction faite aux journalistes occidentaux de pénétrer dans l’enclave palestinienne. D’où un récit sous contrôle, minorant l’ampleur du massacre et le justifiant d’un seul alibi : une chasse extensible aux « terroristes ». Non sans suggérer que tous les habitants de…

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Auteur: Denis Sieffert

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