Le biochar inspiré de technique ancestrale
Il y a plus de 2000 ans, en accumulant charbons, fragments de poteries et restes de nourriture, le peuple précolombien créa ces terres noires d’Amazonie d’une fertilité exceptionnelle : la Terra Prêta, en portugais. Inspiré de cette dernière (le biochar, « bio » pour végétal, « char » pour charbon) est un amendement organique issu de la pyrolyse de biomasse.
« Selon leur durée de vie les arbres séquestrent du carbone entre 300 et 500 ans. Une fois redevenu du bois, ce dernier va se dégrader et se répartir dans son cycle dit court. Par exemple, on retrouve des morceaux de charbon en Amazonie de 1000 ou 2000 ans, c’est-à-dire 2000 ans de séquestration de carbone » illustre Marco pour la Relève et la Peste.
Le biochar fonctionne sur ce même principe. De plus, il régénère les sols épuisés par l’agriculture intensive et possède de nombreuses vertus agronomique. Grâce à sa structure poreuse et ses micro-cavités, il absorbe l’eau et les nutriments comme une éponge. Mais comment le fabrique-t-on ?
Des tas de biochar répartis sur l’un des champs du GAEC – Crédit : Eve Campestrini
Le biochar peut être produit à partir de n’importe quelle matière végétale qui est chauffée sans oxygène entre 300 °C et 700 °C, une réaction appelée pyrolyse ou carbonisation. Comme tout organisme vivant, le bois est composé de cellules. Ainsi, quand on le fait chauffer sans contact direct avec les flammes, ces dernières chauffent et évacuent l’eau dont elles sont en partie composées. Puis, le gaz finit par les faire exploser pour créer un élément structurellement semblable à des micros feuillets d’argile. C’est-à-dire capable de retenir jusqu’à cinq fois son volume d’eau.
« Cela permet aux sols d’augmenter leurs réserves d’eau. De plus, grâce à sa porosité, le charbon évite la compaction des sols, le tassement lié au machinisme ou au…
Auteur: Liza Tourman

