La coccinelle est un exemple emblématique de macroorganisme pour lutter contre les pucerons ou les cochenilles Shutterstock
Nous savons aujourd’hui que nous ne pouvons pas faire face aux problèmes environnementaux sans révision de nos modèles agricoles.
L’agriculture affecte les grandes variables, comme le climat à travers la production de méthane ou la biodiversité à travers l’affectation de surfaces de terre considérables à des systèmes de monoculture. L’épandage à grande échelle de produits issus de la chimie de synthèse contribue bien sûr également à fragiliser l’habitabilité de notre planète. En polluant les sols, les eaux et l’air.
Depuis 2008, les plans Ecophyto successifs ont visé la réduction de l’utilisation des produits chimiques dans le domaine agricole. Malgré cette intervention de l’État, l’usage de ces produits reste stable voire augmente. Des alternatives existent pourtant, sous le nom de « lutte biologique » ou « de biocontrôle ».
La création du consortium « biocontrôle » entre l’État et des entreprises du secteur a mis ce thème en valeur ; les techniques et les produits se diffusent cependant lentement, bien que les besoins des agriculteurs soient criants, que l’urgence à agir au plan écologique ne soit plus discutée et que la transformation des modes de production de nos économies soit en question.
Le biocontrôle, qu’est-ce que c’est ?
La lutte biologique utilise des organismes vivants dits « auxiliaires de culture » pour répondre au besoin de limiter les populations de bioagresseurs des cultures – les insectes qui mangent les grains, piquent les fruits, attaquent le bois et les feuilles, etc. Parmi les solutions de biocontrôle, il en existe à base de microorganismes, de bactéries ou de virus, qui agissent sur des maladies des plantes.
Une seconde catégorie est faite de macroorganismes, notamment sous forme d’utilisation d’insectes ou de petits organismes vivants (par exemple, la coccinelle contre les pucerons). La lutte biologique peut consister à introduire de nouveaux organismes ou bien à développer ou maintenir la présence de populations déjà existantes d’auxiliaires de culture. En plus de ces catégories, le biocontrôle en France tel que défini par le consortium biocontrôle y ajoute les substances minérales.
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S’il existe une boite à outils alternative aux produits phytosanitaires et aux engrais de synthèse, ces innovations ont du mal à se diffuser du fait de leur nature et des transformations de pratiques qu’elles supposent.
Les usages agricoles dominants en question
Les produits conventionnels chimiques ont une efficacité rapide, fondée sur l’éradication des insectes ravageurs des cultures. En contrepartie, ils ont aussi des effets non désirés…
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Auteur: Aura Parmentier Cajaiba, Maitre de conférences, management et organisation, Université Côte d’Azur

