« Achetez la rumeur, vendez la nouvelle », proclame un adage boursier. Maintenant que le bitcoin a atteint 109 000 dollars, peut-il encore monter ? Ou ne rappelle-t-il pas les grandes bulles de l’histoire financière, comme la tulipomanie ?
Dans un article paru dans The Conversation, en novembre 2017, nous analysions les causes de l’envolée du bitcoin, passé au-dessus du seuil symbolique des 10 000 dollars. Sa divisibilité jusqu’à huit chiffres après la virgule, le rendant pratiquement accessible à tous les humains, expliquait largement un engouement mondial inédit pour un actif spéculatif sans aucune valeur intrinséque. Conçu par un algorithme plafonnant son nombre à 21 millions à terme, le bitcoin créé un gigantesque effet d’entonnoir – une demande potentielle extraordinairement supérieure à une offre strictement limitée.
Nous estimions alors qu’il ne fallait surtout pas vendre à découvert le bitcoin, car nul ne pouvait prédire ni la durée ni le sommet de la vague spéculative. Comme nous l’a enseigné Keynes : « Le marché peut rester plus longtemps irrationnel que vous ne pouvez rester solvable. »
Un adolescent à scandales
Né sous X le 3 janvier 2009 et qualifié abusivement d’« or numérique », le bitcoin a connu une adolescence agitée. Les écologistes le blâment d’être extrêmement énergivore, le processus de minage, principalement au Kazakhstan et aux États-Unis, consommant en 2024 l’équivalent de la consommation électrique de la Pologne, ainsi qu’une très grande quantité d’eau.
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Les États et les services fiscaux l’accusent également d’être un outil de blanchiment d’argent et de financement du…
Auteur: Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School

