Pour quelles raisons le cours de l’or et celui du bitcoin se sont-ils envolés au mois de février 2024 ? Faut-il voir dans cette concordance davantage qu’un hasard, l’un devenant après l’autre une valeur refuge prisée des particuliers et bientôt des institutionnels comme semblait l’indiquer la chroniqueuse économique de France Infos ?
Avant de tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette question, rappelons que, de manière générale, notre monde se numérise inexorablement. À part quelques nostalgiques et autres collectionneurs, nous n’achetons plus de disque en vinyle ni de CD. Nous téléchargeons des morceaux de musique, quand nous ne les écoutons pas tout simplement en streaming. Dans ce dernier cas, moyennant le paiement d’un abonnement, nous pouvons écouter un morceau sans le posséder physiquement. Les exemples de ce type, nombreux, constituent la toile de fond des mutations aussi à l’œuvre dans le monde financier.
Revenons quelques dizaines d’années en arrière, dans un monde de biens physiques, où l’or était depuis longtemps considéré comme LA valeur refuge par excellence. Détenir de l’or signifiait être propriétaire d’un bien particulier, se caractérisant par sa rareté lors de son acquisition ainsi que par la reconnaissance de sa valeur par de nombreuses personnes et organisations. L’acheteur d’or encourait un risque faible de ne pas pouvoir revendre son actif, même en période de forte volatilité. L’immobilier, les œuvres d’art, le vin prétendent également au statut de valeurs refuges avec des succès plus ou moins mitigés.
600 % de hausse pour l’once d’or
Les valeurs refuges sont des actifs stables, qui permettent très souvent de dégager un bénéfice lors de leur revente. En 2000, le cours de l’once d’or était de 300 dollars. En 2024, l’once atteint plus de 2150 $ soit une hausse de 600 % quasi ininterrompue à l’exception des années 2012-2013…
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Auteur: Hervé Alexandre, Profesesur, Université Paris Dauphine – PSL

