Le bivouac à l'épreuve de sa popularité

À 23 ans, Aurélien est parti seul bivouaquer quatre jours dans le Mercantour. Une tente trop lourde, un duvet trop léger, 20 kg sur le dos. Et là-haut, dans la montagne, un déclic : « Cette expérience a probablement été le point de départ de ma prise de conscience écologique », raconte-t-il aujourd’hui. De retour à Paris, tout l’oppresse : « Trop de monde, trop de bruit, trop de consommations, de pubs, de voitures, de stress… Une partie de moi n’est jamais redescendue de cette montagne. »

Comme Aurélien, vous êtes des dizaines à nous avoir écrit pour nous décrire comment ces nuits à la belle étoile vous ont bouleversées. « Je me sens faire partie du monde, au même titre que les chevreuils, les sangliers, les oiseaux, les fourmis et les araignées », décrit Clara, 47 ans et près de mille bivouacs au compteur.

Avec son tarp — une toile qu’on tend au-dessus de soi — et son sac de couchage, Thierry aime dire qu’il s’offre ainsi « des nuits dans des hôtels à dix milliard d’étoiles » : « On n’est plus enfermé par des murs, par tous ces biens qui nous retiennent, par nos habitudes, ajoute-t-il. C’est une expérience que tout le monde devrait faire, non pas une fois, mais régulièrement, pour reprendre conscience que nous sommes juste des passants sur cette Terre. »

Sans doute poussés par ce désir de reconnexion, nous sommes de plus en plus nombreux à planter notre tente hors des campings et des sentiers battus. « Depuis le Covid, on voit un très fort engouement pour le milieu montagnard et une augmentation du bivouac », dit Suzanne Foret, conservatrice à la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. Un constat corroboré par tous les gestionnaires d’espaces que nous avons interrogés.

« On sent qu’il y a un besoin énorme de nature »

« Il y a un afflux de nouvelles personnes, on sent qu’il y a un besoin énorme de nature, confirme Thomas Burel, chargé de la marque…

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Auteur: Lorène Lavocat

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