L’objectif de la Conférence
En cherchant à agréger un Front Uni autour de lui, le Black Panther Party (BPP) renoue avec les analyses et la stratégie adoptées par le Parti Communiste des États-Unis, et plus largement par la IIIe Internationale, pendant la période des Fronts Populaires. De quoi soulever critiques et interrogations quant aux visées de la Conférence et la nature de l’éventuel Front Uni Contre le Fascisme (UFAF) censé en émerger. Dans les milieux radicaux, on craint de revivre le ramollissement connu par le Parti Communiste en 1935 : discours galvaudé, contradictions politiques enterrées, compromissions idéologiques, etc. Pour cause : l’unité à tout prix pousse à s’aligner sur le plus petit dénominateur commun. Mais le BPP bénéficie de l’image d’une organisation radicale, et reste considéré par nombre d’organisations radicales comme un parti d’avant-garde. Même chez les plus sceptiques, on lui accorde le bénéfice du doute, estimant que sa démarche répond probablement à la répression systématique qui menace sa survie, l’obligeant à s’adapter à la situation. Le BPP n’est pas la seule organisation à la croisée des chemins à l’été 1969 : la Students for a Democratic Society (SDS), principale organisation radicale universitaire du pays, est en proie à de fortes luttes de ligne laissant craindre sa décomposition prochaine [1].
« Partout où elles se sont organisées, les Panthers ont été durement frappés : battus, piégés, emprisonnés, détenus contre d’énormes rançons, assassinés. La répression systématique a menacé leur survie. Les Panthers ont toujours cru à la nécessité d’une lutte commune avec les Blancs contre le racisme et l’impérialisme américains. Ils ont estimé que la meilleure défense contre leur propre destruction serait un “Front uni contre le fascisme” et ont donc convoqué une conférence à Oakland pour organiser un tel front. »
The Old…
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