Une fusillade à l’arme automatique, une dizaine de dealers impliqués, pendant plus d’une heure, à Rennes: de nombreux habitants du Blosne, traumatisés par cette nuit du 9 mars, regrettent que ce quartier longtemps apprécié soit rongé par le trafic de stupéfiants.
« S’il n’y avait pas le problème de la drogue, il n’y aurait rien à dire sur le quartier », relève Annie, qui ne veut pas donner son nom de famille comme les autres personnes interrogées.
Cette retraitée de 67 ans apprécie la verdure de ce quartier composé de grands ensembles, où 200 millions d’argent public ont été investis, avec de nombreux équipements neufs, comme le Conservatoire.
Non loin de l’arrêt de métro et de cerisiers en fleurs, les impacts de Kalachnikov au cours « de véritables scènes de guerre » la nuit du 9 mars, selon un communiqué du syndicat Alliance, étaient encore visibles sur les tours de la place du Banat.
« On entend souvent des coups de feu, je croyais que c’était la police…On a l’impression qu’il ne peut rien arriver aux dealers », dit Annie au sujet de la nuit de la fusillade. Habitant à un rez-de-chaussée, elle a déjà subi la visite de « policiers qui ont fouillé sous le rebord (de son balcon) où il y avait de la drogue. Ils ont bien vu que ce n’était pas à nous », soupire-t-elle, désabusée.
Laurent, infirmier libéral, qui sort du hall d’une tour, vient de rendre visite « à une patiente traumatisée ».
Habitué à aller dans ce quartier du sud de Rennes, il doit parfois « passer en prenant la haie d’honneur formée par des dealers » pour se rendre chez ses patients. « Ça va finir que des gens vont vouloir partir, et être comme à Marseille avec des quartiers où l’on ne peut plus aller »,…
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