Le bonheur n’est souvent pas la première chose à laquelle nous pensons lorsque nous parlons de crise écologique. Intime, futile ou naïf, l’épicentre du bonheur semble bien loin du théâtre des opérations environnementales.
Pourtant, son importance comme valeur individuelle, l’importance qu’il revêt pour l’imaginaire collectif et les justifications des politiques publiques à l’aune de leurs effets sur le bonheur en font un acteur bien plus puissant que ne le laisse penser sa représentation en smiley. Il y a tout autant de raisons de se réjouir que de se questionner sur les conséquences de cet avènement, notamment du point de vue environnemental.
Le bonheur, véhicule idéal de changements de comportements pro-environnementaux ou cheval de Troie de la consommation? Les pays dits heureux arrivent-ils à être respectueux de l’environnement ou est-ce qu’au contraire leur empreinte environnementale est élevée? C’est ce que nous nous proposons de discuter dans cet article.
Heureux et pollueurs?
Chaque année, le 20 mars, est célébré “le pays le plus heureux”, auquel il serait désormais facile de donner une teinte scandinave, tant les classements mettent systématiquement en haut la Finlande, le Danemark ou la Norvège.
En s’appuyant sur les données issues du World Happiness Report, y sont décryptées les conditions d’une forme de bonheur, que nos propres travaux ont contribué à mettre en lumière. Pays prospères, Etats-providences généreux, inégalités de revenu contenues, systèmes éducatifs basés sur l’autonomie, la plupart de ces pays parviennent à trouver des équilibres, permis notamment par leur faible population : économie libérale et couverture sociale généreuse,…
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Auteur: Thomas Wagner

