Le bruit, une “source de stress omniprésent” pour la biodiversité

Pour l’ensemble du vivant, la pollution sonore représente une menace globale. C’est le message, peu surprenant mais inquiétant, qui émane d’une étude réalisée par deux chercheurs de l’université Queen’s de Belfast, en Irlande du Nord, et publiée le 5 novembre dans la revue Science. Leur méta-analyse, regroupant 214 expérimentales menées sur 177 espèces terrestres et marines des six continents, conclut à l’existence de perturbations causées par les bruits d’origine humaine chez 80 % des espèces.

Les études pré-existantes montraient déjà que le bruit pouvaient gêner des animaux pris individuellement, mais les chercheurs indiquent que leur étude prouvent que ces perturbations ne se cantonnent pas à l’échelle individuelles : c’est l’intégrité de populations et de communautés entières qui est affectée.

« Source de stress omniprésent »

La pollution sonore s’insinue à tous les niveaux : elle génère du stress au niveau physiologique (stress cellulaire, perturbation des hormones, de l’expression des gènes, de la respiration), au niveau du développement (croissance, poids, taille, etc.), au niveau des comportements (difficultés à chasser, ou à l’inverse à échapper aux prédateurs, comportements sexuels, etc.) et, in fine, au niveau des abondances des espèces et des interactions entre elles.

Si la vulnérabilité au bruit varie considérablement selon les espèces étudiées, les auteurs soulignent que tous les types d’habitats sont touchés. « Nos résultats établissent que le bruit est une nouvelle pression de sélection qui remodèle la dynamique des écosystèmes, et une source de stress omniprésent. Ils soulignent la nécessité de préserver les paysages sonores, parallèlement à la conservation des habitats », résument-ils.

On savait déjà que la pollution sonore était une sérieuse menace pour la santé humaine, plus dangereuse que la pollution de l’air. Et…

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Auteur: La rédaction de Reporterre