Philippines, reportage
Situé sur un joli bout de côte, le village de Mabini attire tous les week-ends la bourgeoisie de Manille venue s’adonner à la plongée et observer requins et tortues qui batifolent au milieu des coraux. Le décor est idyllique avec plusieurs îles qui s’étalent vers l’horizon. Pourtant, à la surface de l’eau, un grand nombre de déchets plastiques, rabattus par les vagues ou charriés par les ruisseaux, viennent quelque peu gâcher le moment.
En 2019, des résidents de Mabini en ont eu assez et ont lancé un programme original baptisé Plastic Palit Bigas (PPB), « plastique contre riz » en tagalog. Depuis, chaque samedi, les habitants du village sont invités à passer trois heures à nettoyer la côte, et chacun reçoit 2 kilos de riz en échange. Quelques donateurs financent cette activité, comme des hôtels situés en bord de mer ou des entreprises qui ont appris l’initiative sur les réseaux sociaux.
« On a tendance à accuser les gens d’être irresponsables avec leurs déchets, mais je pense que ce n’est pas de leur faute », dit Giulio Endaya, un bénévole très impliqué dans PPB et dont il gère la page Instagram. « Coca-Cola et d’autres produisent tellement de plastique ! De nombreuses personnes ici ont le sentiment qu’on ne peut rien faire contre cette pollution… Lorsqu’elles se convainquent de cela, plus rien ne les empêche de jeter du plastique partout à leur tour », explique le jeune homme, conscient que si la collecte hebdomadaire ne change pas grand-chose à la crise majeure des déchets plastiques, elle permet au moins de sensibiliser quelques villageois.
L’après-midi que Reporterre a passé avec l’équipe (une quinzaine de personnes, dont beaucoup d’enfants) nous a permis de constater qu’en plus de la marque étasunienne susnommée, Nescafé et Palmolive revenaient souvent sur la plage, aux côtés de grandes entreprises locales. En tout, près de 100 kg ont été…
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Auteur: Rémy Bourdillon

