Le premier débat de la présidentielle s’est déroulé, jeudi dernier, à Roland-Garros, à l’invitation du Medef. Plus qu’un symbole, c’est l’aveu que la mission du prochain président de la République sera de servir ce grand patronat.
Les sept candidats sélectionnés par le Medef se sont prêtés à l’exercice avec entrain. Chacun s’est efforcé de convaincre les membres du Medef qu’il a des solutions à leur apporter et s’est engagé à leur assurer croissance et prospérité.
Comme d’habitude, les grands patrons se sont présentés comme les forces vives de la nation, des courageux qui investissent, prennent des risques, créent de l’emploi… Comme si le monde du travail ne pouvait exister sans eux !
Sans complexe, ils ont dénoncé l’État qui les étranglerait avec les impôts et les charges, alors qu’avec plus de 200 milliards d’euros d’aides publiques, ils méritent la couronne de l’assistanat. Eh bien, il n’y a pas eu un seul candidat pour les renvoyer dans les cordes !
Omerta sur les profits et l’exploitation
À aucun moment, il n’a été question des profits réalisés par la grande bourgeoisie, en augmentation de 40 % sur ces six premiers mois, malgré la crise, les guerres et la fermeture du détroit d’Ormuz. À aucun moment, il n’a été dit que la fortune des milliardaires a doublé ces dix dernières années.
Et qui pour dire que les capitalistes ont une responsabilité écrasante dans le chômage de masse et la précarité ? Qui pour souligner qu’au lieu de créations, ce sont des suppressions d’emplois qui s’enchaînent et que le bilan de la bourgeoisie est d’avoir fermé des centaines d’usines ces dernières années ? Qui pour dire que le patronat ne « donne pas de l’emploi » mais exploite les travailleurs ? Personne !
Il n’y a pas eu une voix pour expliquer que la prospérité du grand patronat est basée sur les bas salaires et le recul des droits et des conditions de travail. Pas…
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