Le réchauffement climatique dans son expression caniculaire la plus explicite a frappé l’Europe plus qu’ailleurs et la France plus que ses voisins. Paris aura ainsi éprouvé comme jamais l’effet autocuiseur, soupape fermée. Contrairement au Covid, cependant, la vie ne s’est pas aussitôt entièrement ralentie et rétractée comme on aurait pu s’y attendre. Du moins pas partout. Pas sur les bords du canal Saint-Martin en tout cas où la jeunesse a affirmé joyeusement le droit ô combien légitime à la fraîcheur contre l’effet délétère d’une chaleur excessive qui ne tombe pas du ciel et dont elle n’est aucunement responsable. Retour sur un moment fort de canalitude.
Il faut défendre la santé contre les bien-portants.
Friedrich Nietzsche
Tous ces derniers jours le canal a été pris d’assaut par une foule de jeunes venus pour beaucoup des quartiers Nord de la capitale. Craignant le pire pour la fête de la musique , le maire à défaut de pouvoir l’interdire, avait pris la décision de la maintenir « afin de pouvoir l’ordonner et l’encadrer plutôt que la subir ». Voeu pieux. La nuit du 21 fut dans le quartier du canal transformé en boite de nuit à ciel ouvert ( il est loin le temps des guitaristes et violoneux amateurs jouant en bas de leur immeuble), un moment d’énorme liesse populaire engorgeant les rues, débordant de partout, et laissant les policiers municipaux largement à la ramasse. Quand les corps chics, maquillés et dévêtus, ne dansaient pas devant les bars sur fond de techno, ils plongeaient dans l’eau du canal ou sautaient du haut des passerelles malgré les barrières installées à la va vite. Les jours suivant n’ont pas démenti cette belle occupation des lieux. Beaucoup de jeunes et de très jeunes pour cause de collèges fermés ou d’ horaires aménagés , d’étudiant.es suffoquant dans leur studio mais aussi des travailleur.euse.s exposé.es bossant très tôt le matin, notamment dans le secteur du BTP , et bien sûr…
Auteur: dev

