« Le “capitalisme de la finitude” n’a clairement pas besoin de la démocratie »
Arnaud Orain publie « Le Monde confisqué ». Dans cet ouvrage, l’historien décrypte la rationalité des stratégies violentes et rentières que déploient des élites économiques et politiques volontiers en collusion, afin d’accaparer « un gâteau qui ne peut pas grossir ».
C’est un livre qui donne sens à la brutalité trumpiste, aux offensives des géants du numérique, à l’accaparement des terres arables à travers la planète, ou encore aux investissements hors norme de la Chine dans sa marine de guerre. En publiant Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIᵉ-XXIᵉ siècle) (Flammarion), l’historien Arnaud Orain se risque à offrir une grille de lecture globale d’événements qui choquent, et signalent un changement d’ère.
Selon lui, nos sociétés expérimentent un « capitalisme de la finitude », dont des avatars ont déjà existé lors des siècles précédents. Ouvertement « prédateur, violent et rentier », il s’épanouit sur la fin de la promesse de prospérité universelle, permise par le marché et régulée par le droit. « Le néolibéralisme est terminé », affirme l’auteur, en se différenciant sur ce point d’autres penseurs de l’époque, comme Quinn Slobodian et son Capitalisme de l’apocalypse.
Auprès de Mediapart, Arnaud Orain développe les principaux arguments de sa thèse, et s’explique sur sa périodisation alternative de la trajectoire du capitalisme. Il souligne la ligne de crête à trouver entre le risque de vassalisation, face à la nouvelle vague impérialiste du XXIe siècle, et le risque de s’abîmer dans une course antidémocratique, inégalitaire et écocide.
Mediapart : Pour rendre compte des turbulences de notre époque (menaces guerrières, repli démocratique, protectionnisme…), vous proposez la notion de « capitalisme de la finitude ». Quels en sont les…
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