Le capitalisme est-il en phase terminale ? Un débat entre S. Ackerman et A. Benanav

Le pronostic vital du capitalisme est-il engagé ? Le capitalisme connaît-il le type de stagnation à long terme que de nombreux marxistes ont longtemps considéré comme son destin ? En quoi la réponse à cette question importe pour une stratégie anticapitaliste aujourd’hui ?

Au cours des deux dernières décennies, la New Left Review (NLR) a publié des articles diagnostiquant le système capitaliste comme souffrant d’une stagnation à long terme, d’une surcapacité chronique, d’une baisse de la rentabilité et d’une croissance anémique. L’accent a d’abord été mis sur un article publié en 1998 par l’historien Robert Brenner, intitulé « The economics of global turbulence » (L’économie des turbulences mondiales), un article qui a impressionné et influencé de nombreuses personnes.

Brenner s’était concentré sur le déclin de l’industrie manufacturière en particulier. Selon lui, lorsque l’Europe et le Japon ont fini par rattraper les États-Unis, la concurrence capitaliste est devenue une sorte de jeu à somme nulle qui semble produire surtout des perdants (même si la somme d’une série de chiffres négatifs n’est généralement pas égale à zéro). D’autres contributeurs de la NLR ont continué à écrire des variations sur ce thème, notamment le sociologue Aaron Benanav.

Dans un article récent paru dans Jacobin, Seth Ackerman a exprimé un vigoureux désaccord avec cette ligne ; Aaron Benanav a répondu peu de temps après. Dans ce qui suit, Benanav et Ackerman débattent de la question, sous la direction de Doug Henwood. Vous trouverez une version audio de la discussion dans le podcast de ce dernier : « Behind the News ».

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DOUG HENWOOD : Commençons par vous, Aaron. J’ai été frappé, en lisant vos articles, par le fait que le point de comparaison est généralement la période 1950-73, les trente ou vingt-trois « années glorieuses », comme disent les Français. Mais il s’agissait vraiment…

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Auteur: redaction