Le chalutage de fond coûte bien plus cher à la société européenne qu’il ne lui rapporte. C’est ce que suggèrent deux rapports, respectivement publiés par le biologiste marin Enric Sala et l’association Bloom, tous deux dévoilés le 25 mars.
La première étude (en prépublication, donc non relue par des pairs pour le moment) entend montrer que le chalutage de fond « n’est pas seulement une aberration environnementale, mais aussi un échec économique », selon Enric Sala, responsable du programme Pristine Seas de National Geographic. L’ancien professeur d’université et spécialiste du monde marin a évalué le coût social de cette méthode de pêche, qui consiste à racler les fonds marins avec de longs filets afin de maximiser les captures de poissons, mollusques et crustacés.
Il a calculé que les bénéfices générés par le chalutage de fond étaient inférieurs à ses coûts. Chaque année, il fait perdre en moyenne aux citoyens européens entre 300 millions et 10,8 milliards d’euros. Ces coûts sont dus en grande partie aux émissions de CO2 provoquées par cette méthode de pêche qui, en remuant les sédiments marins, relargue dans l’atmosphère les gaz à effet de serre qui y étaient piégés. La large fourchette d’estimation s’explique par la diversité des méthodes pouvant être utilisées pour calculer le prix de 1 tonne de CO2.
À ce premier coût s’ajoutent celui des subventions gouvernementales allouées aux chaluts de fond, ainsi que celui de la perte des poissons pêchés par inadvertance et rejetés morts. « L’industrie [du chalut] ne fait des profits que parce qu’elle externalise ses coûts », a déclaré Enric Sala lors d’une conférence de presse.
Une autre pêche possible
Cette étude paraît en même temps qu’un rapport de Bloom affirmant qu’il est possible de s’émanciper de cette technique destructrice. À partir de…
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