La Croix : Comment avez-vous prix conscience du rôle du changement climatique dans les conflits ?
Tom Middendorp : De prime abord en effet, ce n’est pas un sujet qui semble concerner l’armée. C’est pourtant en Afghanistan que j’ai pris conscience du rôle du dérèglement climatique dans les conflits. Après plusieurs jours de combats difficiles, nous avons chassé les talibans d’un village où ils avaient pu prendre pied à cause des tensions suscitées par la pénurie d’eau entre les paysans. Les talibans s’étaient attiré leur faveur en les aidant à résoudre ce problème, là où le gouvernement avait échoué. À notre tour, nous avons proposé une solution de gestion de l’eau, et les talibans n’ont jamais pu revenir.
Dans votre ouvrage, vous abordez une variété de situations comparables partout sur le globe…
T. M. : Oui parce que de la piraterie au large des côtes somaliennes à la guerre civile en Syrie, en passant par les violentes tensions intestines au Mali, chacun de ces conflits agit comme un révélateur : le climat est un facteur d’insécurité supplémentaire, un multiplicateur de risques. L’instabilité peut venir de problèmes de gouvernance, de corruption, de difficultés économiques… qui sont accentués par le changement climatique. C’est un facteur indirect mais de plus en plus, il peut devenir une cause primaire de conflits. Prenez les catastrophes naturelles. En 2017, la France et les Pays-Bas ont été affectés, dans les Caraïbes, par la tempête Irma qui a complètement anéanti les infrastructures et augmenté la criminalité parce que les gens pillaient pour survivre. Heureusement, cela n’a pas duré très longtemps car nous avons aidé à redresser la barre. Mais on voit bien que des événements aussi graves peuvent déclencher une instabilité interne.
Vous affirmez que tout est lié : par quels mécanismes ?
T. M. : Face à la croissance démographique mondiale, la demande en…
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Auteur: Recueilli par Marie Dancer

