Ce sont des produits qui génèrent, à chaque fois qu’ils sont évoqués, des débats passionnés : les pesticides. Objets de nombreuses querelles sanitaires, économiques, écologiques, leur première vocation est pourtant plutôt consensuelle : protéger les cultures contre les pertes de rendements dues aux ravageurs, qui peuvent être parfois considérables. On estime ainsi que
10 à 30 % de la production végétale à travers le monde est détruite par ces nuisibles de toutes sortes.
Mais l’utilisation des pesticides est aujourd’hui mise en cause pour plusieurs raisons, notamment leurs impacts sur la biodiversité, sur la santé des agriculteurs, ou sur la santé des consommateurs. Leur efficacité est également mise en cause, avec des substances qui deviennent de moins en moins efficaces avec le temps.
Les fléaux à l’origine de l’utilisation des pesticides semblent, eux, destinés à augmenter avec un accroissement des températures causé par le changement climatique qui pourrait accentuer la pression des ravageurs. Malgré les réserves existantes concernant l’utilisation des pesticides, se dirige-t-on vers une augmentation inexorable de leur usage ?
Coupler les données de ventes des pesticides avec les données météorologiques
C’est la question à laquelle nous avons voulu répondre, après être partis du constat suivant. Alors que le recours aux pesticides s’est imposé pour les agriculteurs comme la solution la plus pratique et efficace pour gérer les menaces liées aux ravageurs, des risques de pressions accrus par le changement climatique sont susceptibles d’encourager les agriculteurs à utiliser encore plus de pesticides. Il est donc crucial de caractériser comment ces incitations peuvent se traduire dans la réalité, dans un contexte où les décideurs publics français et européens cherchent justement à réduire les dommages sanitaires et environnementaux liés à l’usage des pesticides.
Afin de…
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Auteur: Raja Chakir, Directrice de recherche en Économie de l’Environnement, Inrae

