Depuis le 18 avril, plusieurs plats préparés pour bébé de la marque Nestlé sont rappelés en raison d’une teneur trop élevée en ochratoxine A (ou OTA). Selon le fournisseur, la société Sitpa (qui a racheté cette activité à Nestlé l’an dernier), ce dépassement « provient d’un lot unique d’ail présent en très faible quantité dans les recettes ».
Ce type de rappel n’est pas rare. Ces derniers mois, la même toxine a été retrouvée dans du café, de la farine, de la poudre de pistache, ou encore des figues. L’ochratoxine A appartient à la grande famille des mycotoxines, des substances produites naturellement par certaines moisissures du genre Aspergillus, Penicillium, Fusarium, ou encore Alternaria.
Le mot mycotoxine donne tout de suite le ton : mycos pour champignon et toxicum pour poison. « Les toxines fongiques peuvent perturber les hormones, affaiblir le système immunitaire, endommager le foie et les reins, augmenter le risque de fausse couche, nuire aux enfants à naître et agir comme agents cancérogènes », résumait l’Agence européenne de l’environnement (AEE) le 10 mars, à l’occasion de la publication d’un rapport sur le sujet.
« Le plus puissant cancérigène avéré naturel »
Elles se développent sur des denrées alimentaires variées (céréales, fruits frais ou séchés, épices…) avant la récolte ou lors du stockage. Parmi les mycotoxines les plus préoccupantes, on trouve aussi l’aflatoxine B, la déoxynivalénol et la patuline. Pour les détecter, des échantillons sont testés à toutes les étapes de la production.
L’Union européenne fixe des limites maximales de résidus pour un certain nombre d’aliments. Dans le cas des plats Nestlé, le producteur se veut rassurant : « Il s’agit d’une non-conformité ponctuelle due à un lot unique de matière première incorporé en très faible quantité. Seule une consommation répétée tout au long de la vie…
Auteur: Fabienne Loiseau

