Les incendies qui ravagent la région de Los Angeles, en Californie, sont d’une ampleur « sans précédent », selon le gouverneur de l’État étasunien. Le 13 janvier, le bilan était de 24 morts, plus de 105 000 personnes toujours soumises à des évacuations obligatoires et 15 000 hectares partis en fumée. La puissance de ces feux est liée à la présence de conditions météorologiques très rares, dont l’intensité est renforcée par le changement climatique. C’est la conclusion d’une étude d’attribution rapide, publiée le 10 janvier par la collaboration européenne ClimaMeter.
On savait déjà que la Californie était victime de feux estivaux de plus en plus nombreux, lorsque les conditions sont chaudes et sèches l’été, et que cette évolution était due au changement climatique. Mais ce qui rend la catastrophe actuelle « sans précédent », c’est surtout le fait qu’elle intervienne en hiver.
Entre le 1er et 9 janvier 2025, plus de soixante alertes incendie ont été recensées dans le seul comté de Los Angeles, soit… environ quarante fois plus que la moyenne des douze dernières années pour cette même période, selon le World Resources Institute.
Un phénomène connu, mais plus intense qu’avant
Le phénomène central qui alimente actuellement les feux californiens est appelé les « vents de Santa Ana » : puissants, chauds et secs, ils favorisent la propagation des incendies. En temps normal, les vents qui soufflent sur la Californie viennent de l’océan Pacifique. Mais lorsqu’une zone de basse pression isolée se fixe au-dessus de la région, et forme ce qu’on appelle une « goutte froide », cela favorise les vents de Santa Ana, qui viennent de l’intérieur des terres et soufflent dans l’autre sens, vers l’océan.
Les conditions météorologiques qui déclenchent ces vents existent depuis longtemps. En comparant les événements analogues du passé (sur la période 1950 à…
Auteur: Vincent Lucchese

