Le Chant de Brest, ça raconte quoi ?J’ai voulu raconter l’histoire de Brest au travers des figures locales avec pour fil rouge la vie musicale, très riche. Ainsi, on retrouve le rockeur David Crozon, la gardienne de la rue Saint-Malo Mireille Cann, le rappeur Poochka et bien d’autres acteurs de la scène brestoise. J’ai fait le choix des figures locales et pas de celles qui se sont un peu exportées comme Miossec, par exemple. J’aime questionner la manière dont les gens perçoivent et se racontent leur territoire. Le Chant de Brest, c’est une balade poétique, à la fois historique et musicale. J’ai voulu me laisser surprendre par les discussions. Ça m’a pris deux ans. Je n’ai pas utilisé de voix-off ni de bandeaux descriptifs pour un résultat plus immersif, proche du cinéma.
Comment êtes-vous devenu réalisateur de documentaire ?Je suis originaire de Douarnenez. J’ai été biberonné au festival de cinéma, qui a lieu tous les ans fin août. J’ai ensuite fait des études d’histoire à Rennes avant d’aller étudier le documentaire, à Lussac, en Ardèche. Le Chant de Brest est mon premier documentaire produit pour la télévision (TV Rennes, Tébéo, Tébésud). Avant cela, j’ai fait des films d’études. Notamment un sur le Rhône où je questionnais déjà les gens sur leur rapport à leur territoire, en l’occurrence, leur rapport au fleuve.
Vous êtes Douarneniste, vous vivez à Rennes, qu’est-ce qui vous a amené à filmer Brest ?Je m’intéresse au Finistère et à cette ville notamment au travers des concerts et les rencontres que je peux y faire. Pour moi, Brest a la poésie des villes portuaires et populaires. Bien qu’en mutation, la ville résiste et garde son identité. Loin d’autres villes au bord de la mer, plus lisses et aseptisées. Ça n’est pas une ville touristique. Ici, les gens se bougent sans attendre les institutions. Et ça se voit au travers de sa scène musicale, notamment. La ville…
Auteur: Claude Morizur

