Les juges oseront-ils mettre en pause le chantier de l’A69 ? Lundi 13 janvier s’est tenue une audience sur le dossier de l’A69 au tribunal administratif de Toulouse. Une dizaine d’associations écologistes réclamaient la suspension du chantier de l’autoroute en attendant le jugement sur la légalité du projet, prévu au plus tôt fin février. Le juge rendra sa décision d’ici vendredi 17 janvier.
Ce n’est qu’une étape supplémentaire dans l’histoire contentieuse de l’A69. Elle intervient dans un contexte bouleversé depuis le 25 novembre 2024. Ce jour-là, la rapporteuse publique
— un magistrat dont l’avis est souvent suivi par le juge — a émis un avis défavorable sur la légalité des autorisations environnementales du projet.
Un coup de théâtre, car cela revenait à déclarer l’A69 illégale. Les juges n’ont pas totalement suivi sa démonstration, et ont préféré botter en touche. Ils ont rouvert l’instruction, permettant aux travaux de se poursuivre pendant que la justice enquête.
Un chantier néfaste pour des espèces protégées
« On a été très étonné de cette décision », assure Thomas Digard, membre du collectif La Voix est libre (LVEL). « On a tout de suite demandé à ce que les travaux soient suspendus le temps que le jugement arrive, pour espérer sauver ce qu’il reste à sauver. »
L’audience de lundi 13 janvier passée, certains militants gardent un goût amer. « La bataille se joue sur la notion d’urgence », explique l’activiste. Pour son collectif, le chantier est attentatoire aux espèces protégées et à leurs habitats, avec une trentaine d’ouvrages en cours de réalisation (ponts, déviations de cours d’eau). Il y a urgence à préserver la faune et la flore au plus vite.
En face, les concessionnaires et l’État estiment que « les destructions qui menaceraient les espèces sous protection ont…
Auteur: Isaure Dimanov

