Belém (Brésil), correspondance
À Belém, le futur est déjà là. Alors que le monde commence à peine à admettre son incapacité à tenir la promesse d’un réchauffement contenu à moins de 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, la métropole amazonienne a observé ses maximales de températures bondir de 1,9 °C lors des cinquante dernières années. Avec 222 jours de chaleur extrême par an prévus d’ici 2050, elle est en route pour devenir la deuxième ville la plus chaude sur Terre, selon une étude conjointe de l’ONG The Carbon Plan et du Washington Post.
Chaleurs invivables, mais aussi pluies intenses et inondations… C’est ici, dans une ville frappée de plein fouet par les conséquences du chaos climatique, que se réunissent des représentants des États du monde entier pour la COP30, qui débute le 10 novembre.
La capitale du Pará, située à la rencontre de l’océan et de la forêt vierge, a beau bénéficier d’une position unique, elle n’échappe pas à la réalité des métropoles mondiales : c’est dans ses quartiers les plus pauvres que la crise climatique frappe le plus fort. Et rien n’indique que la tenue de la COP, censée apporter des solutions au bouleversement climatique, changera la donne.
Quartiers oubliés
« Ici, la première information que nous avons reçue, c’était le “polygone de la COP”. Une carte dessinée par la mairie et par l’État du Pará pour dire où les investissements en infrastructures seraient situés. Tous les quartiers inclus dans ce polygone sont des quartiers privilégiés, qui disposent déjà d’aménagements », lance, amer, Andrew Leal, juché sur un toit de son quartier de Terra Firme, un des quartiers les plus vulnérables de la ville. Avec sa compagne Waleska Queiroz, il a fondé l’Observatorio das Baixadas, une ONG qui rend compte des effets du dérèglement climatique sur les quartiers périphériques de Belém.
À l’horizon, les herbes…
Auteur: Raphaël Bernard

