Nous produisons du sirop d’érable parce que la sève des érables est naturellement sucrée. Pourtant, si elle l’était encore davantage, nous pourrions en produire plus et à moindre coût. Le prix du sirop d’érable baisserait aussi dans les supermarchés !
Cependant, tous les érables ne sont pas égaux ; certains sont bien « plus sucrés » que d’autres. Alors, pourquoi ne pas cloner ces arbres exceptionnels ?
L’érable occupe une place prépondérante dans une histoire qui unit famille, savoir-faire artisanal et nature. Au Québec, au-delà des quatre saisons habituelles, il s’en découvre une cinquième, sorte d’intermède sucré entre la froide étreinte de l’hiver et la tendre floraison du printemps – la tant attendue saison des sucres.
Cependant, la production de sirop est aussi une composante essentielle de l’économie québécoise, puisqu’elle génère des emplois et apporte des revenus significatifs. C’est pourquoi, en tant qu’écophysiologiste forestier, je m’engage à soutenir ce secteur face aux défis du changement climatique et des évolutions des marchés. Pour cette raison, dans le cadre de mes travaux de recherche à l’Université du Québec à Chicoutimi, j’examine les possibilités de cloner les érables afin d’augmenter la productivité et de réduire les coûts de production.
Le clonage végétal : Un héritage ancien
Ne vous inquiétez pas : notre sirop d’érable n’aura pas besoin d’une étiquette OGM !
Dès qu’on entend parler de « clonage », on peut être tenté de s’imaginer des laboratoires haute technologie modernes, voire carrément des scènes de science-fiction. En réalité, il s’agit ici de quelque chose de beaucoup plus naturel et ancien. Nous parlons d’une forme de clonage dite de propagation végétative, soit une méthode pour cultiver de nouvelles plantes à partir de fragments de plantes existantes, ainsi que des techniques qui copient une espèce…
Auteur: Roberto Silvestro, Research professor, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

