Le projet de Centre National de Primatologie (CNP), implanté sur le site de la Station de Primatologie du CNRS à Rousset, près de Marseille, vise à constituer une capacité nationale d’élevage de primates non humains (PNH) destinés à la recherche biomédicale. Sont prévus l’acquisition de plusieurs centaines de reproducteurs macaques cynomolgus (Macaca fascicularis) d’ici 2030, pour un montant maximum contractualisé de 10 millions d’euros, et l’agrandissement des locaux, financé par le plan d’investissement France 2030 (30 millions d’euros), de manière à ce que le Centre devienne en capacité d’élever 1800 primates sur site. Le but est que le CNP puisse vendre 250 primates par an aux laboratoires académiques français à partir de 2032.
Ce projet se déploie dans un contexte sociétal, économique, réglementaire, scientifique et éthique qui évolue : reconnaissance des capacités cognitives et émotionnelles avancées et comparables aux humains chez les primates, opposition de plus en plus marquée de la société à leur utilisation pour la recherche académique, exigences spécifiques de la réglementation en matière d’utilisation des primates non humains à des fins scientifiques, développement rapide de méthodes alternatives à l’expérimentation animale, coût relativement élevé du modèle PNH, restrictions budgétaires, tensions internationales, montée en puissance de la Chine en matière de recherche sur les primates. Ces évolutions invitent à une analyse rigoureuse de la pertinence et de la temporalité d’un tel investissement.
A rebours de la réduction de l’expérimentation animale
La Directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques constitue le socle réglementaire de référence. Elle s’est fixé comme « objectif final » l’abandon total des procédures expérimentales appliquées à des animaux vivants, dès que cela sera…
Auteur: La Relève et La Peste

