Dans le Carnet de guerre #11 intitulé, « Les sanglantes moissons de l’Holodomor ou La précédente tentative d’extermination du peuple ukrainien », nous avions insisté sur le fait qu’il s’était agi, en 1933, d’un massacre à caractère génocidaire (3,9 millions de morts en quelques mois) qui visait l’identité, la culture, la pérennité du peuple ukrainien en tant que tel. Un de ces massacres qui accompagnent généralement les colonisations, que ce soit en Afrique, en Asie ou aux Amériques.
Les carnets de guerre précédents sont regroupés par ici. A noter que Jean-Marc Royer sera De retour d’Ukraine à la Bibliothèque Associative de Malakoff ce vendredi 27 septembre.
Durant les années 1936-1938 la « grande terreur » (1600 morts par jour) allait aussi décapiter les élites ukrainiennes, le Donbass allait être russifié, tandis que Staline déportait 200 000 tatars de Crimée en mai 1944. Tout cela porte un nom : il s’est agi d’une colonisation de peuplement accompagnée comme toujours d’une russification méritocratique.
Ce que l’on sait moins, c’est la place qu’occupait l’Ukraine dans ses échanges inégaux, typiques de la colonisation, avec le pouvoir central russe. Voici ce qu’on pouvait en savoir à la fin de l’empire soviétique.
En 1990, l’Ukraine fournissait près de 18% de la production industrielle de l’Urss (34,2% de son acier, 45 % de son fer, 24 % de son charbon et 17 % de son énergie électrique) et 22,5% de sa production agricole (26% des céréales de l’Union, 53 % du sucre en poudre et 22 % de la viande). Elle disposait en outre de richesses naturelles considérables. Ainsi concentrait-elle 30% des réserves soviétiques de fer, 30% des réserves de charbon et même 80% des réserves de manganèse. Le bassin du Donetsk renfermait 60% des réserves…
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Auteur: dev

