Comment Attac a-t-elle été fondée ?
En décembre 1997, Ignacio Ramonet écrit un éditorial dans Le Monde diplomatique qui appelait à « désarmer les marchés financiers ». Une grave crise financière secouait l’Asie. Cet appel a eu un retentissement important et a conduit à la fondation d’Attac. Bernard Cassen m’a alors proposé de faire partie des fondateurs de l’association. Lors de la première réunion, des personnes de tous horizons étaient réunies autour de la table, issues de syndicats, d’associations, de journaux de gauche…
Quel rôle a joué Attac ?
De nombreuses forces se mobilisaient déjà contre les ravages de la mondialisation néolibérale. Attac a permis de rassembler ces forces sous une seule bannière. Le principe était de mettre en avant, dans le débat public, des propositions alternatives mais pragmatiques, appuyées par une expertise pointue et une maîtrise des dossiers. Ce fut le cas de la taxe sur les transactions financières, sur laquelle Attac s’est concentrée initialement. Il s’agissait également de faire un travail sur les mots, de produire nos propres mots, des mots qui puissent frapper les imaginaires, comme c’est le cas du terme « altermondialisme » qui a eu un retentissement important.
L’altermondialisme, c’est toujours un terme d’actualité ?
Je le crois. A l’origine du mouvement altermondialiste, il y a cette volonté d’organiser la résistance, à une échelle mondiale, contre le pouvoir des multinationales qui s’organisent pour faire la loi et imposer leur loi aux Etats. La situation politique et géopolitique a bien évolué. La montée en puissance du libertarianisme est responsable du Brexit, de Trump et de courants politiques néfastes dans bien des pays d’Europe. Mais les multinationales s’accommodent tout à fait de cette nouvelle donne. Le combat altermondialiste est donc plus que jamais d’actualité même si pour ma part, j’ai souhaité passer le relai il y…
La suite est à lire sur: france.attac.org
Auteur: Fréderic Lemaire, Susan George

