C’est un coin de France épargné par le temps, un village de pierre où aucun lotissement ne fleurit . À Noroy-lès-Jussey (Haute-Saône), tout le monde se connaît. Une dizaine de familles, 56 habitants. Le hameau fait partie de Jussey, l’intercommunalité la plus pauvre de Franche-Comté. Vesoul, la ville la plus proche, est à 50 km. Alors on cultive son jardin, prêt à échanger quelques œufs contre la salade du voisin. La majorité des jeunes ont foutu le camp, les baby-boomers vieillissent dans les fermes qui les ont vus naître et personne ne pensait voir briser ce calme apparent.
Noroy-lès-Jussey À Noroy-lès-Jussey (Haute-Saône), un projet de carrière menace quelques hectares de forêts. Une partie des habitants se mobilise.
Jeanne Casez
C’était sans compter une toute jeune association. Créée il y a deux ans pour défendre les droits des riverains et la biodiversité, l’association Pro Natura Jussey dynamise le village autant qu’elle le divise. À l’entrée de certaines maisons, des pancartes sortent de terre : « Oui à la forêt, non à la carrière ! », avant d’être mystérieusement vandalisées. Mais le collectif a aussi créé l’occasion de se réunir et de manifester dans un milieu rural et agricole au tissu associatif étiolé. Pro Natura Jussey, ce sont 80 adhérents dont beaucoup de retraités, des réunions dans une grange par 5 degrés, et une réponse citoyenne à la question suivante : comment protéger l’environnement sur une terre délaissée ?
« Déni de démocratie »
Cette histoire n’aurait jamais commencé si un Suisse-italien ne s’était pas mêlé des affaires de Noroy. Antonio Sileo, 38 ans, est commercial dans l’industrie médicale internationale. Propriétaire de l’ancien presbytère du hameau depuis 2017, il y passe ses week-ends et certaines journées de télétravail, entre ses poules, des ruches et quelques pieds de vigne. Un jour de promenade, des ouvriers…
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Auteur: Jeanne Casez

