Dans le deuxième épisode de la deuxième saison de la série True Detective (2015), on peut entendre l’échange suivant :
— l’inspecteur de police Ray Velcoro demande à sa nouvelle coéquipière, la shérif Antigone Bezzerides : « et les couteaux, c’est pour quoi ? »
— Antigone : « Tu pourrais faire ce boulot si tous les gens que tu croisais étaient plus forts que toi physiquement ? Je veux dire, même sans être flic, aucun mec peut vivre avec cette idée sans devenir dingue ».
— Ray : « C’est pour compenser, je comprends… ».
— Antigone : « Je les porterais quand même si je n’étais pas flic. La différence fondamentale entre les sexes, c’est qu’il y en a un qui a le pouvoir de tuer l’autre à mains nues. Si un mec, même costaud, s’attaque à moi, il crève en moins d’une minute ».
Cette réflexion, glissée dans une production du géant de la diffusion de séries télé HBO, soulève une question féministe de première importance. Il n’est pas absurde de penser que les femmes peuvent s’émanciper par les armes.
Ne soyons pas dupe du fait que cela pourrait faire les affaires de l’industrie de l’armement : « Dans l’Amérique contemporaine, où prolifèrent les armes à feu, les fabricants ont besoin de nouveaux marchés. (…) Les armes sont vendues aux femmes, incitées à croire qu’un révolver dans un sac à main protège d’une criminalité croissante, et qu’ils la place à égalité face aux hommes violents qui les menacent ». Toutefois, le dialogue cité plus haut pose un véritable problème féministe à propos du monopole de la violence légitime détenu par les hommes. Si l’on revient à la « source du pouvoir masculin » au sein des sociétés dites primitives, on retrouve la pratique exclusive de la chasse et de la guerre, et donc l’usage des armes les plus létales : « Il existe en effet une règle qui ne connaît aucune exception et qui a joué…
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Auteur: dev

