Ciel bleu, parc entouré de bois, château impérial en fond de scène… Quel décor de rêve pour accueillir la musique. Surtout quand elle est interprétée par l’un des meilleurs orchestres au monde, le Philharmonique de Vienne. Les téléspectateurs connaissent bien la phalange autrichienne, à l’honneur chaque 1er janvier lors du traditionnel concert du Nouvel An retransmis dans le monde entier.
Ces prestigieux instrumentistes donnent aussi, l’été venu, un concert gratuit, en plein air : assis ou debout, les spectateurs prennent place dans le domaine de Schonbrunn et laissent le soir tomber doucement au son de pièces symphoniques et lyriques choisies avec soin.
L’édition 2026 a été confiée au chef Lorenzo Viotti avec, comme invité, le baryton Bryn Terfel. Aussi comédien que chanteur, il se glisse dans les habits et les humeurs sardoniques du diable dans Mefistofele, opéra d’Arrigo Boito, puis dans la solennité grandiose du dieu Wotan selon Richard Wagner. Avant, pirouette en fin de programme, de reprendre avec délectation la chanson Ah, si j’étais riche, extraite du Violon sur le toit, grand succès de Broadway !
Thaïs médite sous l’archet d’Albena Danailova
Alors que le soir tombe et que les nues se colorent de teintes pastel, Lorenzo Viotti dirige le mélancolique Intermezzo de Manon Lescaut de Puccini, où la suavité des cordes viennoises fait merveille. Viendra plus tard le « morceau de résistance » du concert, à savoir la flamboyante et sensuelle Suite n° 2 de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel. Auparavant, Albena Danailova ménage un moment de grâce : la Première violon de l’orchestre – qui, jusqu’en 1997 ne titularisait pas de femmes dans ses rangs ! – livre une Méditation de Thaïs (Massenet) aussi limpide qu’émouvante.
À grand renfort de travellings, vues aériennes, plans serrés sur les musiciens ou les spectateurs, les réalisateurs de cette…
Auteur: Emmanuelle Giuliani
