Le texte, porté par le Danemark et le Pakistan, ne crée ni tribunal ni nouveau mécanisme judiciaire. Son ambition est plus politique : empêcher que les attaques contre les personnels des opérations de maintien de la paix onusiennes sombrent dans l’oubli diplomatique après l’émotion des premiers jours.
« Les déclarations du Conseil sont importantes, les condoléances sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas », a résumé avant le vote le représentant pakistanais. Lorsque des Casques bleus sont tués ou blessés dans le cadre de missions créées par le Conseil, ce dernier doit continuer à s’intéresser au déroulement des enquêtes, à l’identification des responsables et à leur arrestation. « L’impunité pour de tels crimes ne peut être tolérée », a-t-il insisté.
Les missions de maintien de la paix onusiennes opèrent dans des environnements toujours plus hostiles. Qu’il s’agisse d’artillerie lourde, d’engins explosifs improvisés ou de drones pilotés à distance, les attaques contre leurs personnels se multiplient et gagnent en sophistication. Pourtant, les poursuites judiciaires restent rares, alimentant un climat d’impunité que le Conseil juge désormais incompatible avec la protection de ses propres opérations.
Au total, près de 4 500 Casques bleus ont perdu la vie depuis la création des opérations de maintien de la paix en 1948, dont 1 095 suite à des attaques délibérées. À l’heure actuelle, plus de 50 000 militaires, policiers et civils servent sous le drapeau des Nations Unies dans une dizaine de pays, du Liban à la République centrafricaine, en passant par Chypre et le Soudan du Sud.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une cérémonie de dépôt de gerbes en l’honneur des Casques bleus morts dans l’exercice de leur fonction, au siège de l’ONU, à New York.
Auteur: Nations Unies FR

