Le contrôle raciste de nos ventres

« Pour que la France reste la France » : c’est la formule utilisée par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, très commentée, du 16 janvier. En 2018, on pouvait lire ce slogan sur le tract du parti Les Républicains dirigé à l’époque par Laurent Wauquiez. Il se trouvait aussi sur l’affiche d’Éric Zemmour lors de sa campagne pour la dernière élection présidentielle. Voilà, pour ceux et celles qui doutaient encore de l’orientation politique du gouvernement. Et pour que la France reste la France, il faut donc un « réarmement démographique ». Mesdames, à vos ventres, prêts, feu, partez ! Monsieur le Président vous le demande.

Enfin, pas toutes les femmes. Ne vous précipitez pas ! Pas celles, par exemple, qui ressemblent à la maman de Nahel ni aux mères des « émeutiers ». Celles-là, ces mères pauvres arabes et noires, ne sont pas des « bonnes mères ». Pour elles, Aurore Bergé – alors ministre des Solidarités et des Familles – prévoyait, il y a un peu plus d’un mois, des travaux d’intérêt général pour les punir en tant que « parents défaillants ». Dans son grand plan pour « restaurer l’autorité parentale » – le discours réactionnaire et viriliste étant devenu une caractéristique de la Macronie –, elle rappelait que 60 % de ces jeunes, qui filmaient leurs exactions et leurs dégâts sur Snapchat, étaient issus de familles monoparentales.


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Un discours qui voulait donc pointer et exagérer l’absence des pères dans les milieux populaires et en faire l’origine de toute cette violence sociale avant tout économique et raciale. Depuis la mort de Nahel, le continuum qui stigmatise et violente les jeunes garçons et les jeunes…

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Auteur: Nesrine Slaoui

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